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LA THÉRAPIE D’ACCEPTATION ET D’ENGAGEMENT

Cette citation de C. Jung résume  assez bien le principe qui sous-tend la Thérapie d’Acception et d’Engagement, plus communément connue sous l’abréviation d’ « ACT » (acronyme anglais de « Acceptance and Commitment Therapy », à prononcer « acte » en français).

Développée par Steven C. HAYES, Kelly WILSON et Kirk STROSAHL aux EU, l’ACT fait partir de la troisième vague des Thérapies Cognitivo-comportementales. Elle prolonge les travaux du conditionnement opérant de Skinner sur le langage et la cognition tout en se basant sur la théorie des cadres relationnels. Fondée dans les années 80, des liens peuvent être fait avec la Gestalt, de la Logothérapie ainsi que de l’Approche centrée sur la Personne.

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“Ce à quoi l’on résiste persiste. Ce que l’on embrasse s’efface.”

Le principe

Le postulat de base de cette approche thérapeutique est le suivant: l’être humain en difficulté tend à privilégier des solutions à court terme permettant de lui apporter un soulagement immédiat au détriment de solutions à résultat durable, mais différé. Or ces stratégies à « portée immédiate » risquent – à long terme – d’éloigner la personne de ce qui est réellement important pour elle et, ce faisant, de produire un état d’insatisfaction qui pourra lui sembler plus ou moins sans issue. Grâce à un travail reposant sur différents processus thérapeutiques, l’ACT va permettre à la personne de prendre conscience de ce mécanisme et, idéalement, de le dépasser voire de le transcender.

Le principe est simple : au lieu de ruminer sans cesse le passé que l’on ne peut changer et de craindre un futur qui n’est pas encore, l’ACT se concentre sur le présent – sur ce qui EST. Dans la même logique, l’ACT nous incite à adopter une attitude d’exploration et de curiosité à l’égard de nos propres processus internes. Elle nous invite par conséquent à sortir du jugement défavorable de nos événements intérieurs au profit d’une observation non jugeante de ce qui se passe en nous. Cette approche expérientielle favorise donc l’acceptation de nos expériences intérieures, l’un des concepts clés de l’ACT.

Un autre aspect essentiel du modèle est l’enclenchement d’un processus de distanciation de nos pensées. L’ACT nous invite à sortir de notre habituelle logique d’identification avec celles-ci au profit de ce qu’elle appelle la « défusion ».

En clair, la thérapie de l’acceptation et de l’engagement nous invite donc, là encore, à endosser un rôle d’un observateur non jugeant, prenant les pensées pour ce qu’elles sont : des événements internes, a priori ni « bons » ni « mauvais ».

Au lieu de chercher à modifier les pensées, l’ACT intervient donc plutôt sur la manière d’aborder celles-ci. Ce faisant, nous sortant du principe de « soi comme contenu » (« je suis ce que je pense ») au profit du « soi comme contexte » (« je fais l’expérience de m’observer penser »).

Ce n’est qu’en acceptant ce que nous ne pouvons pas changer que nous réussissons à dégager les ressources nécessaires pour agir là où c’est possible afin d’orienter notre vie dans le sens des valeurs qui nous sont chères.
L’ACT nous apprend à donner à nos pensées et à nos émotions douloureuses la place qui leur revient, car elle considère que les efforts pour éviter la souffrance inévitablement liée à la condition humaine jouent un rôle de premier plan dans le développement et le maintien d’un large spectre de psychopathologies.
Le but premier de la thérapie n’est pas la réduction des symptômes, mais l’augmentation de la flexibilité psychologique afin de favoriser l’engagement dans des actions contribuant à la construction d’une existence riche et pleine de sens. 

Cette recherche de sens est un autre aspect essentiel de l’ACT. En accompagnant la personne dans la prise de conscience des valeurs qui l’habitent, le thérapeute pose les jalons du travail d’action engagée qui va suivre. Nous assistons alors à un renversement de stratégie: au lieu de chercher à éviter les situations et événements internes dérangeants (évitement expérientiel), la personne va poser des actions conscientes et engagées allant dans le sens de ses valeurs (action engagée).

En développant la capacité d’agir au nom de ce en quoi il croit et non plus de ce qu’il veut éviter, l’individu se libère de l’entrave que pouvaient représenter certaines pensées, émotions et sensations limitantes et gagne en flexibilité psychologique. « Que feriez-vous si vous agissiez en accord avec la personne que vous souhaitez être ? » devient l’une des questions centrales du travail thérapeutique. En faisant cela, l’ACT met l’humain au cœur des préoccupations et se positionne clairement comme un modèle humaniste.

Champs d'application

L’ACT est reconnue par le Registre National des Programmes et Pratiques Empiriquement Fondés (National Registry of Evidence-based Programs and Practices, NREPP) du gouvernement américain comme pratique efficace dans le traitement de la dépression, des troubles obsessionnels et de la santé mentale en général.